Ardoise
L'ardoise est une roche métamorphique qui s'est constituée dans de fortes conditions de pression et de température. Elle appartient à la famille des schistes dont elle se distingue par la qualité de son grain, particulièrement fin, et sa fissilité.
Catégories :
Roche métamorphique - Matériau de construction - Couverture (construction) - Diélectrique - Matériau
Définitions :
- de couleur ardoise, gris particulièrement foncé, allant du neutre au bleuté; Roche schisteuse de couleur foncée qui se sépare en feuilles.... (source : fr.wiktionary)
- ardoises - Feuilles de schiste minces et légères extraites en carrière employées en couverture. Utilisables pour des toits dont la pente peut fluctuer de 20% à la verticale. (source : maisonsprisma)
L'ardoise est une roche métamorphique qui s'est constituée dans de fortes conditions de pression et de température. Elle appartient à la famille des schistes dont elle se distingue par la qualité de son grain, particulièrement fin, et sa fissilité. Ces propriétés font qu'on peut l'utiliser comme matériau de couverture.
L'ardoise est résistante et sa couleur peut fluctuer du blanc au noir, en passant par toutes sortes de gris, de rouges sombres et de verts. L'ardoise peut être droite (rectangulaire) ou en forme d'écaille. Son épaisseur fluctue de 3 mm à 9 mm. Entre 20 mm et 40 mm, il s'agit de lauze, autre schiste plus massif et moins plissé. La pose à l'ancienne est la pose au clou, fin XIXe siècle apparaît la pose sur crochet (l'ardoise est simplement appuyée en pied).
Gisements ardoisiers en France
Statut juridique des ardoisières
Le code minier, établi en 1810, a classé les ardoisières dans la famille des carrières (souterraines). Depuis 1946, les ardoisiers sont assimilés au statut de mineur.
Quelques repères historiques
Anjou
Aux XVIIIe et XIXesiècles, les principaux centres de production de l'ardoise se situent en Anjou. Les mines ardoisières se développent à Angers, Combrée, La Pouëze, Noyant-la-Gravoyère, Saint-Barthélemy-d'Anjou, Trélazé, et Renazé en Mayenne angevine. On compte près de 2000 ouvriers qui font vivre plus de 6 000 personnes. Au fil des siècles, Trélazé s'affirme comme le centre principal, pour la quantité comme pour la qualité. Le gisement angevin apporte la majeure partie de la production française. Le maximum est atteint en 1905 avec 175 000 tonnes[1].
Ardennes
Jadis, le département des Ardennes possédait aussi d'importantes exploitations (Fumay, Haybes, Rimogne, ... ) qui ont toutes cessé leur activité à la fin du XXe siècle (1971).
Autres régions
On trouve aussi des bassins ardoisiers en Bretagne (ardoisières de Maël-Carhaix), en Corrèze (Allassac et Travassac), dans les Alpes et dans les Pyrénées.
Répartition géographique des différents bassins
On trouve de l'ardoise dans les départements suivants :
| Numéro sur la carte | Département | Quelques sites |
|---|---|---|
| 1 | Ardennes | Rimogne, Fumay, Haybes, Deville |
| 2 | Corrèze | Travassac (Donzenac) |
| 3 | Côtes d'Armor | Maël-Carhaix, Plévin |
| 4 | Finistère | Châteaulin, Saint-Goazec |
| 5 | Maine et Loire | Trélazé, Noyant-la-Gravoyère, La Pouëze |
| 6 | Mayenne | Renazé |
| 7 | Morbihan | Gourin |
| 8 | Hautes Pyrénées | région de Lourdes |
| 9 | Savoie | Saint-Julien-Mont-Denis |
| 10 | Tarn |
Actuellement, le gisement principal en France se situe sur le territoire de la ville de Trélazé jouxtant Angers, en Maine-et-Loire. On y produit entre 15 et 20 000 tonnes d'ardoise par an au sein de deux exploitations souterraines.
Quelques données géochimiques sur l'ardoisière angevine
Composition chimique moyenne de l'ardoise angevine (d'après Marty) :
Silice 50 %, Alumine 30, 1 %, Oxyde de Fer 8 %, Magnésie 2, 3 %, Potasse 3 %, Soude 1, 3 %, Eau 3, 3 % et Divers 2 %
L'ardoise angevine s'est constituée il y a 460 millions d'années, à l'ordovicien et est issue de la transformation d'argiles océaniques compactées, progressivement métamorphisées en schiste particulièrement pur : c'est l'ardoise que nous connaissons.
Extraction et fabrication
L'extraction peut s'effectuer à ciel ouvert ou bien de manière souterraine. Certaines régions, Corrèze et Anjou, ont vu les deux techniques co-exister. Dans d'autres, comme dans les Ardennes, la Savoie, elle est ou fut exclusivement souterraine. Le principal facteur qui conditionne le mode d'extraction repose sur le pendage de la veine.
Par la suite, les blocs sont découpés en blocs proches des formats d'ardoises à fabriquer, étape durant laquelle le fendeur veille à placer le longrain, qui correspond à la direction selon laquelle la roche a été plissée, dans le sens de la longueur de la future ardoise. Par la suite, vient l'étape du fendage qui consiste à diviser le bloc dans son épaisseur, en désolidarisant les feuillets de la roche. La dernière étape, la taille, consiste à donner à l'ardoise sa forme définitive.
Gisements ardoisiers en Amérique du Nord
À Saint-Marc-du-Lac-Long, au Québec, se trouve principale ardoisière exploitée en Amérique du Nord, à ciel ouvert, identique aux exploitations françaises.
Utilisation
L'ardoise forme le matériau utilisé pour la couverture des bâtiments (on parle alors d'ardoises). Les régions respectant les traditions de production sont aussi les régions où ce type de couverture est privilégié : il s'agit par exemple, en France du Maine-et-Loire et des Ardennes ainsi qu'en altitude dans les Pyrénées.
En règle générale, l'ardoise est actuellement moins utilisée, du fait de la naissance de matériaux de construction synthétiques moins onéreux, dont certains imitant l'ardoise.
L'ardoise fut aussi beaucoup utilisée sous forme de plaque mince comme support d'écriture effaçable.
Durée de vie
La durée de vie d'une ardoise est de 70 ans à 300 ans. La qualité du gisement, le type d'extraction (machine ou main) et évidemment l'épaisseur, le type de pose (sur crochet ou cloutée), le pureau, ont une incidence sur cette durée. Il n'y a quasiment pas d'entretien (démoussage) sur les ardoises. Pour les plus fiables, il faudra changer le support avant l'ardoise (changement de volige ou même de charpente). C'est pour cela qu'il y a un marché d'occasion pour les ardoises, et que les monuments historiques (leurs architectes et artisans spécialisés) préconisent en rénovation des ardoises à longue durée de vie.
Les ardoises de mauvaise qualité sont sujettes à la rouille. Ce défaut provient de la présence de minerai de fer (la forme la plus connue est celle de la pyrite, mais on rencontre aussi des grenats, de la magnétite) contenu dans certaines veines du gisement ou dispersée. C'est par conséquent après l'extraction que les lots défectueux peuvent être mis de côté toujours par un test à l'acide. Le traitement des ardoises sur le toit est envisageable avec le passage d'un produit chimique (réaction acide-base)
L'ardoise autrement
L'ardoise ne se contente plus de couvrir les toits, elle permet de l'extérieur en dallage, ainsi qu'à l'intérieur comme plan de travail en cuisine ou salle de bains. L'ardoise se sculpte ou se grave. Des plaques commémoratives, ou funéraires, des plaques de rues ou décoratives sont réalisées par des artisans.
Importance économique
Selon les enquêtes de l'UNICEM, en 2005, le chiffre d'affaire global des producteurs français est de 41 147 000 euros dont 20 383 000 euros à l'exportation, dans 39 entreprises ou sections d'entreprises.
Musées
Les communes suivantes abritent chacune musée de l'ardoise ainsi qu'à son exploitation locale :
- Au cœur de l'Ardoise à Bertrix en Belgique.
- Centre de l'interprétation de l'ardoise à Mont-Saint-Hilaire au Québec[2] ;
- La Mine Bleue à Noyant-la-Gravoyère dans le Maine-et-Loire[3] ;
- Musée de l'ardoise à Haut-Martelange au Luxembourg ;
- Musée de l'ardoise de Renazé dans la Mayenne angevine ;
- Musée de l'ardoise de Trélazé dans le département du Maine-et-Loire et la région des Pays de la Loire ;
- Souterroscope à Caumont-l'Éventé dans le Calvados en Normandie[4] ;
Divers
- «Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine» : extrait du poème publié en 1558 Heureux qui comme Ulysse, de Joachim du Bellay.
- Une gravure sur l'extraction de l'ardoise apparaît dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, à la moitié du XVIIIe siècle.
- Dans la fabrication des billards, la table comprend une (ou plusieurs) plaque en ardoise assemblée sur un châssis métallique. Cette ardoise est rectifiée, opération de précision qui ajuste au 20e de millimètre le plan (gage de qualité du billard). Aucun autre matériau n'a pu remplacer à ce jour l'ardoise pour la qualité du roulement. La densité et l'effet de masse évitent les déformations de la table dans le temps.
- Ardoise est une couleur gris particulièrement foncé, allant du gris neutre au gris bleuté.
- On dit aussi gris ardoise ou bleu ardoise.
- ¦¦¦¦¦¦ Gris ardoise.
- ¦¦¦¦¦¦ Bleu ardoise.
Notes et références
Voir aussi
- Ardoisier
- Ardoise (couleur)
- Tableau noir
- Industrie ardoisière au Luxembourg
- Industrie ardoisière au Pays de Galles
Lien externe
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