Argile

L'argile est une roche sédimentaire, composée pour une large part de minéraux spécifiques, silicates généralement d'aluminium plus ou moins hydratés, qui présentent une structure feuilletée qui explique leur plasticité, ou bien une structure...


Catégories :

Argile - Sédimentologie - Pédologie - Roche détritique - Matériau de sculpture - Matériau

Définitions :

  • Roche sédimentaire meuble qui, imbibée d'eau, forme une pâte plus ou moins plastique qui peut être façonnée et qui durcit à la cuisson. (source : almaviva)
Argile en Estonie

L'argile (nom féminin) est une roche sédimentaire, composée pour une large part de minéraux spécifiques, silicates généralement d'aluminium plus ou moins hydratés, qui présentent une structure feuilletée (phyllosilicates) qui explique leur plasticité, ou bien une structure fibreuse (sépiolite et palygorskite) qui explique leurs qualités d'absorption.

On les classe en trois grandes familles selon l'épaisseur des feuillets (0, 7 ou 1 ou 1, 4 μm), qui correspondent à un nombre de couches d'oxydes tétraédriques (Si) et octaédriques (Al, Ni, Mg, Fe2+, Fe3+, Mn, Na, K, ... ).

L'interstice entre feuillets peut contenir de l'eau mais aussi des ions. Il en résulte des variations de la distance entre feuillets, et par conséquent des variations dimensionnelles macroscopiques de l'argile lorsqu'elle s'hydrate (dilatation) ou s'assèche (contraction pouvant provoquer des fissures).

Différentes sortes d'argile

Les minéraux les plus communs dans les argiles sont :

Ces minéraux ne se rencontrent pas isolément, mais dans des roches composées d'un mélange de minéraux typiques des argiles et d'autres minéraux ou matériaux associés (sable, oxyde de fer, calcaire, débris végétaux).

En géotechnique, où on s'intéresse avant tout au comportement mécanique des sols, on sert à désigner par argile les matériaux de granulométrie inférieure à 2 micromètres (entre 2 et 50 µm, on parle de limon).

Les terres argileuses sont composées d'éléments particulièrement fins, provenant de la dégradation mécanique et chimique de roches préexistantes (en particulier les micas et les feldspaths). On trouve les bancs d'argile dans les sédiments déposés par l'érosion des eaux depuis l'ère Tertiaire, au pied des montagnes et dans les grandes vallées fluviales.

Caractérisation des argiles

Une des manières de reconnaître les argiles est l'analyse par diffraction de rayons X.

Une simple analyse de diffraction ne donne pas de résultat intéressant : les phases cristallines en elles-mêmes ne sont pas différentes d'une argile à l'autre et du fait de la structure en feuillets, l'argile s'oriente quand on la dépose sur une lame de verre ; cette orientation préférentielle gêne l'analyse.

Pour différencier les argiles, on effectue divers traitements visant à modifier l'espace inter-feuillets : chauffage, acidification... En regardant l'évolution des pics de diffraction aux faibles angles selon le traitement, on peut reconnaître l'argile. Cette analyse se fait sur une fraction granulométrique donnée, obtenue en mettant l'argile en suspension dans l'eau, en agitant et en prélevant à une profondeur donnée après un temps de repos donné.

Outre en géochimie, cette technique est aussi utilisée par la police scientifique pour essayer de déterminer l'origine des traces de terre qui peuvent former un indice lors d'une enquête.

Couleurs

Les particules d'argile ne sont nullement responsables de la couleur du sol. La couleur rouge, orange, jaune, vert, bleu d'un sol (argileux ou non) est due à l'état du fer dans le sol (oxydé dans les 3 premiers cas et réduit dans les deux derniers). Quand le sol est de couleur tendant vers le blanc, c'est que cet élément a été dissous et évacué hors du profil.

D'autre part, argile[1] (nom masculin) est le nom d'une couleur[2] d'un gris neutre particulièrement pâle tirant sur le blanc.

Chimie

Dans l'eau, les particules d'argile se comportent comme des gouttes d'huile dans la vinaigrette : elles se regroupent et forment des «micelles» en suspension : on dit que l'argile est à l'état «dispersé». La présence de sels minéraux dissous portant des charges positives (Ca, Mg, K, Na, NH4, Fe, ... ) provoque la liaison des micelles entre elles : l'argile est floculée. Cette propriété des argiles va lui permettre d'être liquide à l'état dispersé, pâteuse dans la boue et solide dans un sol sec. L'argile est un colloïde qui flocule avec des ions +.

Formation

Les argiles désignent de très fines particules de matière arrachées aux roches par l'érosion. Observées au microscope, elles ont la forme de plaquettes, ce qui explique leur plasticité. La majorité de ces particules proviennent de la désagrégation de roches silicatées : du granite (mica et feldspath), du gneiss ou encore des schistes. Ces particules sont transportées par le vent ou l'eau sous forme de limon ou de vase. Les fleuves véhiculent des argiles qui finissent par se déposer en alluvions, dans le cours d'eau lui-même, à son embouchure, dans un lac ou dans la mer. Les dépôts peuvent alors sédimenter et former une roche argileuse par diagenèse : déshydratation et compactation. Comme roches sédimentaires, les affleurements argileux présentent une succession de strates empilées les unes sur les autres, qui ressemblent à un feuillet.

Utilisation

Mur à colombage en torchis

L'argile est un des plus anciens matériaux utilisés par l'homme. Pétrie avec de l'eau, elle donne une pâte plastique qui peut être aisément moulée ou mise en forme. Après cuisson, elle donne un objet résistant et imperméable. Ces propriétés remarquables sont à l'origine de son utilisation particulièrement ancienne pour réaliser des objets en céramique, en porcelaine... Briques et tuiles sont aussi fabriquées à partir d'un mélange d'argile et d'eau moulé sous pression et cuit à température suffisamment élevée (1000 à 1200 °C).

Terre cuite

L'argile hydratée est malléable, elle peut être mise en forme ; mise au four («cuite») elle prend une consistance solide. Ces propriétés en font un matériau de choix pour la fabrication d'objets.

Une terre argileuse conçue pour la cuisson est fréquemment nommée glaise ou terre glaise.

On peut appeler la plus grande partie des argiles par les termes terres à faïence ou argiles communes. Ces argiles contiennent assez de fer et d'autres impuretés minérales pour devenir dures, cuites de 950 à 1100 °C à peu près. À l'état naturel, elles sont grises, verdâtres, rouges ou brunes à cause de l'oxyde de fer et autres comme l'oxyde de titane qu'elles contiennent.

Cuites, leur couleur peut aller du blanc, du rose au noir en passant par l'ensemble des variétés de jaune, rouge, brun, suivant la qualité spécifique de chaque argile et les conditions de cuisson. La majorité des poteries dans le monde sont faites avec ce genre d'argile, mais aussi les briques, les tuiles, les tuyaux et autres productions identiques.

L'argile rouge commune peut être particulièrement plastique, et même trop plastique et trop collante pour être employée seule ; d'autre part, il arrive qu'elle ne le soit quasiment pas à cause de la présence de sable ou d'autres débris rocheux.

Le potier et le sculpteur recherchent une terre à faïence douce et plastique, qu'ils peuvent peut-être modifier en ajoutant légèrement de sable d'argile non plastique, de la chamotte, ou des fibres de cellulose.

Le briquetier, lui, recherche une terre moins fine contenant du sable et d'autres débris non plastiques, qu'il pourra presser, sécher et cuire, sans crainte de gauchissement, de fentes ou de retrait excessif.

Enfin on peut pratiquer une «minéralurgie» pour éliminer ou ajouter les éléments indésirables ou nécessaires sur les argiles, pour leur donner les caractéristiques nécessaires à leur utilisation plus ou moins industrielle.

Terre crue

Voir : terre-argile surtout pour les emplois thérapeutiques de l'argile.

La terre-papier est une argile contenant des fibres de cellulose, qui présente une grande résistance quand elle est sèche. La terre-papier est un matériau de création et de décoration qui adhère sur toute surface poreuse et peut recevoir des peintures, pigments et patines.

Autres utilisations

Des chercheurs en science des matériaux travaillent sur l'intégration d'argile dans des polymères. Les plaquettes d'argiles peuvent produire un renforcement (déviation des fissures dans les polymères «choc», c'est-à-dire devant résister aux chocs). D'autre part, elles peuvent gêner la diffusion de gaz, et surtout de gaz combustibles issus de la pyrolyse lors d'un feu, perfectionnant ainsi la résistance au feu du polymère.

Certaines argiles kaolinites particulièrement pures permettent de rendre la pâte à papier blanche, cependant ce procédé est de moins en moins utilisé, elle est remplacée, par le carbonate de calcium précipité.

Dans les peintures, l'ajout de charges minérales comme la bentonite permet d'obtenir la rhéologie souhaitée et perfectionne aussi la stabilité des suspensions.

Certaines argiles sont utilisées en fonderie, pour réaliser les moules.

L'argile était utilisé par la civilisation summéro-akadienne (les Sumériens de Mésopotamie). De petites boules d'argile étaient aplaties pour former un rectangle approximatif pour pouvoir y inscrire de l'écriture cunéiforme. Les Sumériens utilisaient des sortes de sceau-cylindre. Ces cylindres étaient gravés à l'intaille, et quand on les faisait rouler en appuyant sur l'argile, ils laissaient une empreinte en relief.

Voir aussi

Liens externes

Références

  1. Argile (couleur) sur Wikipédia
  2. Liste de couleurs sur Wikipédia

Recherche sur Google Images :



"Masque d'argile"

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 09/12/2010.
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