Cuir exotique
Grâce au tannage contemporain, il est actuellement envisageable de créer du cuir à partir de n'importe quelle peau. Les tendances de l'industrie de la mode poussent, au fil des saisons, les fabricants à trouver encore plus de variétés.
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Matériau - Produit d'élevage
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Grâce au tannage contemporain, il est actuellement envisageable de créer du cuir à partir de n'importe quelle peau[1]. Les tendances de l'industrie de la mode poussent, au fil des saisons, les fabricants à trouver encore plus de variétés. Tandis que habituellement, la maroquinerie utilisait le cuir d'animaux de ferme tel que la vachette, le mouton, le porc, etc …
Cependant, d'autres cuirs plus exotiques ont aussi une place prépondérante dans le secteur et ce parce qu'ils représentent une certaine idée du luxe. Ces cuirs sont appréciés pour leur qualité et pour leur grain inimitable. Leurs prix s'expliquent par différentes raisons. D'une part, ce sont des cuirs complexes à travailler ayant chacun leurs caractéristiques. Il faut de nombreuses heures de confections pour arriver à un résultat satisfaisant. D'autre part, l'essentiel de ces cuirs proviennent d'espèces protégées. Cette protection génèrant l'effet de rareté.
Les types de cuirs
- Antilope : atteignant une forte valeur entre août et octobre, la peau de cet animal est assez complexe à travailler. Elle se tâche aisément. Elle possède les mêmes caractéristiques que celle du chamois.
- Autruche : cuir spécifiquement durable qui se reconnaît aisément grâce à l'aspect granuleux de son envers. Les petites perles sont le point de départ des plumes. C'est l'unique oiseau utilisé dans l'industrie du cuir. Sa peau est souple et vieillit bien. Elle patine avec le temps. Il existe de nombreuses possibilités avec ce cuir. La peau des pattes est aussi utilisée pour faire du cuir. Cependant sont aspect est complètement différent. Le premier producteur est l'Afrique du Sud.
- Batraciens :
- Crapaud : la peau est rugueuse présentant des boursoufflures. Elle est particulièrement résistante. L'une des espèces utilisées est le crapaud buffle américain.
- Grenouille : son cuir est fin et fragile. Il présente un aspect lisse contrairement au crapaud. L'espèce utilisée est la grenouille Rana d'Amérique du Sud.
- Buffle : utilisé pour les articles solides en maroquinerie, on en fait en particulier l'usage pour la sellerie.
- Crocodilidés : dans l'industrie du cuir, on utilise plusieurs types de crocodilidés. On utilise en particulier la peau du ventre, du dessous de la queue et des flancs.
- Alligator : provenant de Louisiane, de Floride et de Chine, l'animal est plus petit que le crocodile. Sa peau présente des écailles dorsales moins saillantes. C'est le crocodilidé le plus utilisé en maroquinerie.
- Crocodile : on le trouve partout dans le monde. Etant plus massif que l'alligator, ses écailles dorsales sont plus saillantes. Elevé en ferme d'élevage mais également chassé, il est régi par la convention de Washington. On utilise le plus fréquemment le crocodile du Nil et le crocodile de mer.
- Gavial : menacé d'extinction par conséquent protégé par la convention, le cuir de cet animal est par conséquent rare. Originaire d'Asie, sa peau est particulièrement recherchée par les maroquiniers à cause de sa qualité.
- Cuir de poissons : cuir intéressant pour ses motifs et sa pigmentation. Principalement utilisé pour la fabrication de chaussures et de sacs, la peau de poisson est tannée comme les autres peaux animales. Les espèces qui sont utilisées sont le saumon, la perche, l'esturgeon, etc …
- Saumon : venant de Norvège, sa peau présente de petites écailles pointues. C'est le cuir de poisson le plus utilisé.
- Perche : provenant du Nil, sa peau est résistante et est reconnaissable grâce à ses larges écailles rondes et douces.
- Esturgeon : poisson réputé pour ses œufs (caviar), il est par conséquent rare. Son cuir est donc cher.
- Anguille : poisson sans écailles, sa peau présente un aspect brillant.
- Tilapia : son cuir est moins solide que le saumon et la perche mais reste néanmoins original. Il provient d'Amérique du Sud.
- Galuchat : de son nom scientifique, le Dasyatis Sephen, ou plus couramment nommée raie à aiguillon ne vit que dans les eaux de l'Indopacifique. Reconnue comme le cuir le plus complexe à travailler à cause des écailles bombées de l'animal, cela en fait le plus cher des cuirs.
- Requin : la peau du requin est garnie de petits tubercules particulièrement serrés les uns contre les autres, ce qui la rend particulièrement dure et la garantit de la morsure des autres animaux. De couleur brune sur le dos et les côtes, elle est blanche sur le ventre. Les articles de maroquinerie en peau de requin ont connu jadis une certaine vogue. Cette dernière est depuis retombée car le coût de la peau et de sa fabrication est particulièrement élevé. De plus cette peau est complexe à travailler. On l'emploie pour faire de grands porte-cartes, des buvards avec ornements de bijouterie et en particulier pour la confection de boites de gainerie.
- Dauphin : la peau est noire et d'un brun foncé sur le dos et est blanchâtre sur le ventre. L'épiderme est transparent et épais sur toute la surface du corps. Même caractéristiques que le phoque.
- Éléphant : particulièrement peu utilisé en maroquinerie à cause de la protection de l'espèce, l'abattage est régi par la convention de Washington. Elle ne peut se faire que dans les fermes d'élevage ou dans un groupes d'individus dont le pays d'origine a émis un quota. Le cuir d'éléphant présent dans les articles en cuir ne peut provenir de braconnage car la peau possède un code barre assurant ainsi la traçabilité de l'animal. Cette peau est particulièrement résistante, rugueuse et épaisse. À cause de la taille de l'animal, il offre une large gamme de produits.
- Kangourou : cuir spécifiquement résistant au déchirement et par conséquent principalement utilisé pour les articles de sport tel que les chaussures de sport, les gants de baseball ou encore les combinaisons de moto.
- Lézard : on utilise en maroquinerie la peau du lézard gris et celle du lézard vert. Le second a un rendu plus esthétique que le premier. La peau est particulièrement complexe à travailler, on en fait en particulier des pièces qui ne nécessite pas énormément de parage. Il n'est envisageable avec cette peau que de fabriquer de petites pièces en maroquinerie telle que porte-cartes ou porte-monnaie. On n'emploie que le corps dans la mesure où la queue et les pattes ne sont d'aucune utilité. C'est le moins cher des cuirs de reptiles. Les espèces utilisées sont le varan de Malaisie, le varan du Nil et le téju.
- Morse : idem que le phoque
- Serpent : le serpent doit être tué en dehors des époques de mue si on veut utiliser sa peau. On utilise plusieurs types de serpents.
- Anaconda : serpent aquatique constrictor non venimeux, il est membre de la famille des boas. Offrant une peau particulièrement résistante et épaisse, elle est parsemée de larges écailles arrondies et souples. Ce cuir est rare.
- Serpent de mer : caractérisé par de petites écailles lisses et hexagonales, il se situe entre le lézard, le python et le karung. Sa peau est souple.
- Cobra : la peau de cet animal est proche du serpent de mer et du python.
- Python : son cuir est souple et fin. Il s'adapte à toutes possibilités grâce à des écailles solides. Il n'existe pas de fermes d'élevage, l'animal est par conséquent chassé.
- Pécari : cuir pleine fleur provenant de la peau d'un cochon sauvage d'Amérique du Sud teint avec un colorant à l'aniline et le plus souvent recouvert d'une particulièrement fine couche de pigment. Le cuir de pécari est utilisé principalement en confection masculine.
- Phoque : la peau du phoque est recouverte d'un poil ras et est moucheté blanc et noir. On peut distinguer deux types de peaux : celles des jeunes individus de moins de deux ans qui sont employées dans la confection de ceinture de dames, et celles de plus de deux ans qui sont plus complexes à travailler car on rencontre dans la chair des graviers. C'est une matière solide et est appréciée pour son grain régulier.
Protection des espèces
Parce que certaines de ces espèces sont protégées par la convention CITES, les cuirs utilisés sont pour la majorité issus de ferme d'élevage ou régulés par des quotas. Cependant, il existe toujours actuellement un trafic illégal de ces espèces à cause de la forte valeur qu'elles représentent sur le marché.
Les cuirs exotique dans la maroquinerie
L'industrie de la mode, et surtout la maroquinerie, est friande des cuirs aux grains originaux. Les cuirs exotiques répondent précisément à ce critère dans la mesure où ils offrent visuellement un graphisme spécifique.
Les grands maroquiniers français tels que Hermès ou encore Lancel utilisent ces peaux dans leurs collections de sacs et accessoires. Ils créent des sacs ou déclinent des modèles déjà existant en cuir exotique. Ainsi le Kelly d'Hermès ou encore le 2.55 de Chanel sont modernisés avec des matières comme le croco, le python ou encore l'autruche. Mise à part ces maisons, d'autres enseignes plus récentes proposent aussi des articles en cuirs exotiques. C'est le cas de Missiessy par exemple qui fait de cette matière une spécialité.
Notes et références
- (fr) Le tannage et le finissage sur www. lecomptoirducuirexotique. com. Consulté le 28 août 2010.
Bibliographie
- A. Broquelet, Traité de l'art du cuir, Émotion Primitive Éditions, Paris, 300 pages, 2006 (ISBN 2914123876)
- J. Barbe, Le cuir : histoire, techniques et projets, éditeur : Eyrolles, Paris, 2009 (ISBN 2212125003)
- E. Halasz-Csiba, Le cuir à fleur de peau, éditeur : Adam Biro, Paris, 173 pages, 2001 (ISBN 2876603195)
- J. Perfettini, Le galuchat, éditeur : Vial, Paris, 1998 (ISBN 2851010212)
- Stéphanie Bonvicini, Louis Vuitton, une saga française, Paris, 364 pages, 2004 (ISBN 2213618798)
- B. Fitoussi, Lancel, Editions Assouline, Paris, 79 pages, 2001 (ISBN 2-84323-224-4)
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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 09/12/2010.
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