Nanotube de carbone

Les nanotubes de carbone sont une forme allotropique du carbone appartenant à la famille des fullerènes. En 2008, ce sont les matériaux les plus résistants et durs ; la théorie leur prédit une conductivité électrique et thermique remarquablement élevées.


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  • nanotubes de carbone multi-feuillets. Nanotube de carbone. Propriétés. Mono- feuillet... Quelques propriétés mécaniques des nanotubes de carbone... (source : inrs)
  • - Quelles sont les propriétés des nanotubes de carbone ?... Les nanotubes de carbone ont des propriétés intrinsèques particulièrement impressionnantes.... (source : graphistrength)
Réprésentation d'un nanotube de carbone. (cliquer pour voir l'animation tridimensionnelle)
Un nanotube de carbone monofeuillet.
Image d'un bout de nanotube réalisée par un microscope électronique

Les nanotubes de carbone sont une forme allotropique du carbone appartenant à la famille des fullerènes. En 2008, ce sont les matériaux les plus résistants et durs ; la théorie leur prédit une conductivité électrique et thermique remarquablement élevées. Ce sont les premiers produits industriels issus des nanotechnologies.

Découverte

Animation d'un nanotube de carbone monofeuillet

En 2006, un éditorial de Marc Monthioux et Vladimir Kuznetsov du journal Carbon a décrit l'intéressante et néenmoins méconnue origine des nanotubes de carbone. Une très grande partie des revues de toute nature attribuent, à tort, la découverte de tubes creux nanométriques composés de feuillets de graphite à Sumio Iijima (NEC) en 1991[1], [2]. Quoique ses publications aient marqué le point de départ de l'intérêt pour ces structures, Sumio Iijima n'a pas été en fait le premier à observer un nanotube de carbone (voir plus bas), mais de toute façon, il serait impossible de savoir qui a été le premier à en créer. En effet, dès la découverte du feu il y a à peu près 500 000 ans, il s'en produisait déjà (en infime quantité) dans la suie des foyers, où, fractionnées sous l'effet de la chaleur, les molécules de carbone voient leurs atomes se recombiner d'innombrables façons, donnant naissance tantôt à de minuscules gouttes amorphes, tantôt à des nanostructures géodésiques[3].

La première observation réelle de nanotubes semble dater de 1952, année pendant laquelle Radushkevich et Lukyanovich ont publié des images claires de tubes de carbone d'environ 50 nanomètres de diamètre dans le Journal of Physical Chemistry[4] (soviétique). Cette découverte ne s'est pas répandue, l'article étant publié en russe, les scientifiques de l'ouest ayant de plus un accès restreint aux publications soviétiques durant la guerre froide. Comme on l'a dit, des nanotubes de carbone furent produits bien avant cette date, mais c'est uniquement à partir de cette époque que l'invention du microscope électronique en transmission permit une visualisation directe de ces structures.

Les nanotubes de carbone furent par conséquent produits et observés sous différentes conditions, bien avant 1991. Un article d'Oberlin, Endo et Koyama publié en 1976 montre clairement des fibres de carbones creuses (hollow carbon fibres) de taille nanométrique, obtenues à partir de méthodes CVD[5]. Qui plus est , les auteurs montrent une image en MET d'un nanotube constitué d'un seul feuillet de graphène. Plus tard, Endo a reconnu que cette image était celle d'un nanotube monofeuillet[6].

En outre, en 1979, John Abrahamson présenta des preuves de l'existence des nanotubes de carbone à la 14ème Conférence biennale du Carbone de l'université d'État de Pennsylvanie. Lors de la conférence, les nanotubes de carbone furent décrits comme des fibres de carbone produites sur une anode de carbone après formation d'un arc électrique. Les caractéristiques de ces fibres étaient données, mais aussi des hypothèses sur leur croissance en milieu azoté à basse pression[7]

En 1981, un groupe de scientifiques soviétiques publia les résultats de la caractérisation chimique et structurelle de nanoparticules de carbone produites par dismutation thermo-catalytique de monoxyde de carbone. En utilisant des images MET ainsi qu'aux rayons X, les auteurs suggérèrent que leurs “cristaux tubulaires multi-couche de carbone” étaient constitués par enroulement de couches de graphène en cylindres. Qui plus est , ils supposèrent que durant cet enroulement, plusieurs dispositions du réseau hexagonal du graphène étaient envisageables. Ils envisagèrent deux possibilités : une disposition circulaire (nanotubes de type «fauteuil») et une disposition en spirale (nanotube chiraux). [8].

En 1993, Sumio Iijima et Donald S. Bethune d'IBM en Californie réussissent indépendamment à synthétiser des nanotubes monofeuillet [9], [10]. Si Iijima obtient ses nanotubes monofeuillets en phase gazeuse, Bethune utilise quant à lui une technique de covaporisation de carbone et de cobalt.

Structure

Il existe deux types de nanotubes de carbone :

On parle aussi de nanotubes de carbones double-feuillets (en anglais double-walled carbon nanotubes, DWNT) aux propriétés à mi-chemin entre les deux types qui ont précédé.

Nanotubes de carbone monofeuillets (SWNT, single-walled nanotubes)

La structure d'un nanotube de carbone monofeuillet peut être représentée par un feuillet de graphène enroulé sur lui-même et fermé à ses deux extrémités par une demi-sphère. La façon dont le feuillet de graphène est replié sur lui-même définit un paramètre, nommé hélicité, qui fixe la structure du nanotube. L'hélicité sert à caractériser les différents types de nanotubes existants.

Enroulement

Structure de type nid d'abeille du graphène. Soient a1 et a2 2 vecteurs directeurs du dispositif cristallin. On définit m et n, 2 entiers, tels que le vecteur de chiralité Ch, axe selon lequel s'enroule le nanotube, soit Ch = n a1 + m a2

Le nanotube monofeuillet est par conséquent constitué d'une feuille de graphène enroulée sur elle même. Cette feuille de graphène présente une structure de type nid-d'abeille, dont on peut donner 2 vecteurs directeurs, a1 et a2. On définit ensuite le vecteur de chiralité, Ch, axe selon lequel le graphène s'enroule pour former le nanotube. Ce vecteur peut par conséquent être décomposé en deux composantes, selon les vecteurs a1 et a2. Soient m et n, les scalaires tels que Ch = n a1 + m a2.

Selon la valeur de ces 2 scalaires, 3 types d'enroulement, par conséquent trois types de nanotubes peuvent être décrits :

Ces différences d'hélicité donneront aux nanotubes de carbone des propriétés différentes. Surtout, en ce qui concerne les propriétés électriques. Un nanotube de carbone de chiralité (n, m) sera métallique si (2n + m) est un multiple de 3. Sinon, il sera semi-conducteur. Par conséquent un nanotube de carbone chaise sera toujours métallique (car on a 2m+m) tandis qu'un nanotube zig-zag ou chiral sera soit métallique, soit semi-conducteur.

Extrémités

On obtient ainsi un tube ouvert à ses deux extrémités, il reste par conséquent à le fermer. Pour cela il faut introduire des défauts de courbure dans le plan de graphène, il s'agit ici de pentagones.

Ces pentagones introduisent une courbure de 112° dans le feuillet et les lois mathématiques d'Euler montrent qu'il faut un minimum de 12 pentagones pour fermer le feuillet (soit 6 pentagones à chaque extrémité du tube). Les études montrent que la molécule de C60 contient précisément 12 pentagones et 20 hexagones : il s'agit par conséquent du plus petit fullerène envisageable. Cependant, tandis qu'une distribution théorique régulière de ces pentagones donne une forme hémisphérique, on observe le plus fréquemment une pointe de forme conique.

On a par conséquent montré que le nanotube de carbone est constitué avec un feuillet de graphène auquel on a ajouté de la courbure simple pour rouler ce feuillet sur lui-même et des défauts de topologie pour fermer ses extrémités. Un nanotube a un diamètre compris entre 1 et 10 nanomètres pour une longueur de plusieurs micromètres et est par conséquent un objet de taille moléculaire et possédant un caractère monodimensionnel. (L'une des dimensions est énormément plus grande que les deux autres, ici la longueur face au diamètre).

Nanotubes de carbone multifeuillets (MWNT, multiwalled Nanotubes)

Image Sarfus d'un fagot de nanotubes double parois.

Un nanotube de carbone multifeuillet est constitué de plusieurs feuillets de graphènes enroulés les uns autour des autres. Il existe deux modèles pour décrire la structure des nanotubes multifeuillets.

Propriétés

Les nanotubes de carbone suscitent un énorme intérêt dans le monde de la recherche tout autant principale qu'appliquée car leurs propriétés sont exceptionnelles à bien des égards. D'un point de vue mécanique, ils présentent à la fois une excellente rigidité (mesurée par le module d'Young), comparable à celle de l'acier, tout en étant extrêmement légers. Des points de vue électrique et optique, les nanotubes monofeuillets ont la particularité particulièrement exceptionnelle de pouvoir être soit métalliques soit semi-conducteurs selon leur géométrie (diamètre du tube et angle d'enroulement de la feuille de graphène).

Propriétés mécaniques

Les nanotubes se montrent intéressants par les principales caractéristiques suivantes :

Résilience

Bien que complexe à vérifier expérimentalement (la petite taille des nanotubes ne permet pas de véritables tests de contrainte pour le moment), la résistance des nanotubes de carbone devrait être (d'après des simulations informatiques) à peu près 100 fois supérieure à l'acier pour un poids 6 fois moindre (à section équivalente).

Ces propriétés fluctuent aussi selon la nature du nanotube. Les nanotubes multifeuillets sont bien plus résistants que les nanotubes monofeuillets.

Dureté

Certains nanotubes sont plus durs que le diamant[11].

Conductivité thermique

Les nanotubes de carbone ont une conductivité thermique plus grande que celle du diamant (de 6 à 20 W. cm-1. K-1).

Propriétés électriques

Les propriétés électriques des nanotubes dépendent de la nature du nanotube : les nanotubes monofeuillets ont des meilleures propriétés que les multi-feuillets (ces derniers ont de moins bonnes propriétés en partie à cause des interactions électriques, de type van der Waals, entre les différentes couches de graphène).

Dans une feuille de graphite dont la densité de porteurs est élevée (donc un matériau conducteur d'électricité), seuls contribuent à la conduction les électrons proches du niveau de Fermi. Aucun des électrons des atomes de carbone dans un autre état énergétique, ne peut circuler librement. Un tiers des nanotubes de carbones existants possèdent à la fois le bon diamètre et la bonne structure de torsade (appelée twist) pour inclure le niveau de Fermi dans leur sous-ensemble d'état quantiques autorisés[13].

Propriétés d'émission de champ

Les nanotubes peuvent présenter une longueur extrêmement grande devant leur diamètre (rapport d'aspect >1000). Soumis à un champ électrique, ils vont par conséquent présenter un très fort effet de pointe (cf. principe du paratonnerre). Avec des tensions assez faibles, on peut générer à leur extrémité des champs électriques colossaux, capables d'arracher les électrons de la matière et de les émettre vers l'extérieur. C'est l'émission de champ. Cette émission est extrêmement située (à l'extrémité du tube) et peut par conséquent servir à envoyer des électrons sur un lieu bien précis, un petit élément de matériau phosphorescent qui formera le pixel d'un écran plat par exemple. Le matériau phosphorescent évacue l'énergie reçue sous forme de lumière (même principe que les écrans de tubes cathodiques).

L'exploitation de cette propriété a déjà permis de réaliser des prototypes d'écrans plats à nanotubes (Samsung et Motorola). [14].

Propriétés chimiques

Les nanotubes sont des structures creuses, qu'on peut remplir avec d'autres composés chimiques, ce qui en fait des récipients clos à l'échelle nanométrique, nommés nanofils.

Les nanotubes de carbone sont assez peu réactifs et une modification chimique de leur surface fait fréquemment appel à des espèces fortement réactives (oxydants forts, réducteurs forts, espèces radicalaires par exemple). C'est pourquoi une chimie de greffage de nanotubes basée sur des interactions non covalentes s'est fortement développée ces dernières années (adsorption de tensioactifs, enroulement de polymères, d'ADN, adsorption de pyrènes, etc) [15].

Propriétés optiques

Propriété d'absorption de la lumière (Vers l'hyper-sombre... )

Le matériau le plus noir jamais conçu par l'Homme est un tapis de nanotubes disposés verticalement, réalisé par des chercheurs l'Université Rice autour du professeur Pulickel Ajayan ; avec un indice de réflexion de 0, 045%, il est 30 fois plus sombre que le carbone, ce qui lui permet d'absorber 99, 9 % de la lumière qu'il reçoit. C'est 3 fois «mieux» que ce que permettait l'alliage de nickel-phosphore qui était le matériau connu le plus sombre. Ces inventions pourraient intéresser les secteurs militaire, de la communication, de l'énergie (solaire surtout), de l'observation, des colorants, etc.

Propriétés d'électroluminescence

Des chercheurs d'IBM ont indiqué avoir réussi à faire émettre de la lumière infra-rouge par des nanotubes de carbone semi-conducteurs positionnés dans une géométrie de transistor. Les nanotubes non dopés et soumis à un champ électrique généré par une grille peuvent conduire le courant par l'intermédiaire d'électrons (tension de grille négative) ou de trous (tension de grille positive). Si on soumet en plus le nanotube à une tension drain-source (entre les deux extrémités du tube), le courant est transporté par des trous à une extrémité et des électrons à l'autre (transistor ambipolaire). À l'endroit où ces deux types de porteurs se rencontrent (par exemple au milieu du tube si la tension de grille est nulle), il y a recombinaison de paires électron-trou et émission d'un photon.

Propriétés de photoluminescence

Défauts

Comme dans de nombreux matériaux, l'existence de défauts affecte ses propriétés. Ils peuvent se présenter sous la forme :

De par leur structure presque uni-dimensionnelle, la résistance physique des nanotubes dépend de la section la plus faible : comme sur une chaîne, la résistance de celle-ci est celle du maillon le plus faible.

Les propriétés électriques sont aussi affectées par ces défauts. Généralement, la zone présentant un défaut est moins bonne conductrice.

Il en est de même pour les propriétés thermiques.

Synthèse des nanotubes de carbone

Il existe plusieurs manières de synthèse. On peut citer deux grandes familles : les synthèses à haute température, et les synthèses à moyenne température, ou CVD (Chemical Vapour Deposition)

Méthodes à haute température

C'est la méthode préférentielle pour obtenir des nanotubes monofeuillets. Sous des conditions de température et de pression élevées, on fait évaporer du carbone (du graphite, le plus fréquemment) dans une atmosphère de gaz rare, généralement de l'hélium ou de l'argon.

Différentes méthodes

Ablation par arc électrique

C'est la méthode historique utilisée par Sumio Iijima. On établit en fait un arc électrique entre deux électrodes de graphite. Une électrode, l'anode, se consume pour former un plasma dont la température peut atteindre 6 000 °C. Ce plasma se condense sur l'autre électrode, la cathode, en un dépôt caoutchouteux et filamenteux évoquant une toile d'araignée particulièrement dense et contenant les nanotubes. C'est un procédé particulièrement peu coûteux et assez fiable. Cependant le processus est tellement complexe qu'au final on a que peu de contrôle sur le résultat. Qui plus est , la haute température indispensable au procédé ne permettait pas d'obtenir en grande quantité un matériau exploitable (les nanotubes ont tendance à fondre partiellement ainsi qu'à s'agglutiner).

Ablation par laser

Ce second procédé de vaporisation, mis au point à partir de 1992, consiste à ablater une cible de graphite avec un rayonnement laser de forte énergie pulsé ou continu. Le graphite est soit vaporisé soit expulsé en petits fragments de quelques atomes. C'est un procédé coûteux mais plus facile de contrôle, ce qui permet d'étudier la synthèse et de n'obtenir que les produits désirés.

Ce procédé permit de faire baisser la température de la réaction à 1 200 °C.

Synthèse dans un four solaire

On concentre en fait l'énergie solaire sur le graphite pour atteindre la température de vaporisation. Ce procédé sert à synthétiser en moyenne de 0.1 g à 1 g de nanotube par «expérience». [17]

Avantages et inconvénients

Avantages :

Inconvénients :

Une méthode pour utiliser les produits de ces synthèses consiste à disperser les nanotubes dans une solution aqueuse grâce à des tensio-actifs (les nanotubes sont hydrophobes). La dispersion est extrudée dans une solution visqueuse contenant un polymère qui déstabilise la suspension et conduit à l'agrégation des nanotubes sous formes de rubans fins. Ces rubans, de quelques microns d'épaisseur et quelques millimètres de largeurs sont constitués de nanotubes enchevêtrés qui présentent une orientation préférentielle, due à l'écoulement. Quand on laisse sécher ces rubans à l'air, ils se contractent, l'eau contenue dans ces rubans étant évacuée par capillarité, jusqu'à former des fibres denses, utilisables pour des applications identiques à celles des fibres de carbone.

Méthode CVD

On part ici d'une source de carbone liquide (toluène, benzène, cyclohexane) ou gazeuse à laquelle on ajoute un précurseur métallique. On utilise souvent du ferrocène (C5H10-Fe-C5H10) (quelquefois du nickelocène C5H10-Ni-C5H10). On transforme la solution en aérosol (fines gouttelettes) transportée alors par un gaz inerte (de l'argon généralement) jusqu'à un four à une température comprise entre 750 °C et 900 °C. Les nanotubes «poussent» alors, soit sur la paroi en verre du tube, soit sur une plaque de silicium (placée pour favoriser la récupération des nanotubes, on récupère après réaction la plaque où les nanotubes sont alignés). On récupère des nanotubes multifeuillets, alignés, d'une longueur d'environ 200 μm. L'apport continu de réactifs va obliger les nanotubes naissant à prendre le moins de place envisageable, par conséquent de s'aligner tous dans une direction, la verticale du lieu où ils poussent, ce qui explique pourquoi on obtient des nanotubes alignés.

Après réaction, les nanotubes contiennent toujours des impuretés (essentiellement le métal de départ, fer ou nickel), qu'il faut éliminer. On «recuit» par conséquent les nanotubes (sous atmosphère de gaz inerte, car la présence de dioxygène détruirait les nanotubes), ce qui a pour effet d'ouvrir les demi-fullerènes aux extrémités, permettant aux impuretés de sortir. Cette re-cuisson présente aussi l'avantage de rendre les nanotubes toujours plus rectilignes, en éliminant les éventuels défauts (partie d'une couche de graphène «cassée» ce qui fait que les différentes couches s'entrechoquent) [18].

État de la technologie

En juin 2005, des chercheurs du Nanotech Institute de l'université de Dallas (Texas, États-Unis d'Amérique) et de la Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (Csiro, Australie) sous la houlette de Mei Zhang ont publié un article dans la revue Science indiquant qu'ils avaient mis au point une méthode servant à produire un à sept mètres par minute de nanotubes de quelques centimètres de long et quelques dizaines de nanomètres d'épaisseur. Ce processus devrait permettre de faire tomber la principale barrière à la mise en application de cette matière, qui pourra participer à l'émergence rapide de nouveaux produits finis.

En 2005, l'équipe de Ray Baughman de l'Université du Texas à Dallas aux États-Unis a publié une méthode servant à produire jusqu'à dix mètres de nano-ruban par minute. Quoiqu'on sache fabriquer des nano-rubans depuis quelques années, leur fabrication était jusque-là fastidieuse et longue.

Transparents, les nano-rubans ont d'autres propriétés assez spectaculaires. Après un simple lavage à l'éthanol, le ruban ne fait que 50 nanomètres d'épaisseur et un kilomètre carré ne pèse que 30 kilogrammes.

Cette production accélérée pourrait permettre d'utiliser les rubans de nanotube dans plusieurs domaines, comme dans l'industrie automobile (un ruban de nanotube sera coincé entre les vitres des voitures et en l'alimentant en courant, il les dégivrera) ou l'audiovisuel pour fabriquer des écrans enroulables.

Des recherches en cours étudient la possibilité de remplacer le filament des ampoules électriques, normalement en tungstène par un nano-ruban. À température égale, le filament en nanotube aurait un rendement lumineux supérieur à celle du tungstène car en plus de l'émission lumineuse due à l'effet de corps noir se rajoute un effet de luminescence. Cependant une commercialisation de ces ampoules n'est pas envisagée avant 2010.

Au mois d'avril 2007, des chercheurs de l'Université de Cincinnati aux USA ont annoncé avoir synthétisé des nanotubes de près de 2 cm de long, soit 900 000 fois leur section. Les chercheurs Vesselin Shanov et Mark Schulz, assistés du post-doctorant Yun Yeo Heung et de quelques étudiants ont utilisé la méthode de la déposition chimique de couches minces de matériaux par vapeur, dans un fourneau nommé "EasyTube 3000". Selon ces chercheurs, ce n'est qu'un début.

Problèmes environnementaux et sanitaires

Les nanotubes de carbone ont des propriétés qui suscitent énormément d'espoirs industriels, mais - outre leur coût élevé - en début et fin de cycle de vie surtout, ou en cas de dispersion accidentelle, les nanotubes, comme d'autres nanomolécules, présentent des risques de pollution nanométrique. Compte tenu de leur petite taille, les nanotubes peuvent aisément être absorbés par l'organisme, et compte tenu de leur caractère de cycle benzénique polymérisé, la question de l'intercalement entre les cycles d'ADN et des risques élevés de cancer en résultant sont objet à interrogations.

Leur impact sanitaire et environnemental fait l'objet d'études. Un article du journal Langmuir de l'American Chemical Society a récemment étudié le caractère "tueur de cellules" des nanotubes par contact direct en déchirant les membranes cellulaires[19].

En France,

Applications

Propriétés physiques

Grâce à leurs propriétés physiques, les nanotubes de carbone sont susceptibles à l'avenir d'être utilisés dans de nombreux domaines, surtout :

Ou encore dans un domaine qui relève aujourd'hui de la science-fiction, la construction d'un ascenseur spatial.

Propriétés chimiques

Il s'agit ici d'exploiter la cavité protectrice que forme le nanotube de carbone :

Notes et références

  1. (en) Marc Monthioux et Vladimir L. Kuznetsov, «Who should be given the credit for the discovery of carbon nanotubes?», dans Carbon, vol.  44, 2006 [pdf]texte intégral (page consultée le 2007-07-26)  ] 
  2. (en) Sumio Iijima, «Helical microtubules of graphitic carbon», dans Nature, vol.  354, novembre 1991, p.  56-58 
  3. (en) Jean-Baptiste Waldner, Nano-informatique et Intelligence Ambiante - Inventer l'Ordinateur du XXIème Siècle, Hermes Science, London, 2007 (ISBN 2746215160)   à la page 82
  4. Radushkevich-Lukyanovich (1952) (russe)
  5. (en) A. Oberlin, M. Endo et T. Koyama, «Filamentous growth of carbon through benzene decomposition», dans Journal of Crystal Growth, vol.  32, no 3, mars 1976, p.  335 - 349 lien DOI (page consultée le 28 juillet 2007)  ] .
  6. M. Endo, M. S. Dresselhaus, «Carbon Fibers and Carbon Nanotubes (Interview, Nagano, Japan) », October 26, 2002
  7. (en) John Abrahamson, Peter G. Wiles et Brian L. Rhoades, «Structure of Carbon Fibers Found on Carbon Arc Anodes», dans Carbon, vol.  11, no 37, 1999 .
  8. Izvestiya Akademii Nauk SSSR, Metals. 1982, #3, p. 12-17 [en Russe]
  9. (en) Sumio Iijima et Toshinari Ichihashi, «Single-shell carbon nanotubes of 1-nm diameter», dans Nature, vol.  363, 17 juin 1993, p.  603-605 
  10. (en) D. S. Bethune, C. H. Klang, M. S. De Vries, G. Gorman, R. Savoy, J. Vasquez et R. Beyers, «Cobalt catalysed growth of carbon nanotubes with single-atomic-layer walls», dans Nature, vol.  363, 17 juin 1993, p.  605-607 
  11. étude sur la dureté des nanotubes de carbone
  12. mesure du déplacement des électrons sous l'effet du champ électrique; elle s'exprime en cm². V-1. s-1
  13. (en) Jean-Baptiste Waldner, Nanocomputers & Swarm Intelligence, ISTE - John Wiley & Sons, London, 2008 (ISBN 9781847040022)   à la page 87
  14. (fr) Motorola met des nanotubes dans ses écrans
  15. (en) A. Hirsch, «Functionalization of Single-Walled Carbon Nanotubes», dans Angewandte Chemie International Edition, vol.  41, 2002, p.  1853-1859 .
  16. (en) Mechanical properties of carbon nanotubes with vacancies and related defects [pdf]
  17. Ce procédé est utilisé par la société Nanoledge basée à Montpellier.
  18. Cette méthode est surtout utilisée par le Laboratoire Francis Perrin.
  19. Article de Futura-Sciences sur le caractère bactéricide des nanotubes SWCNT
  20. Rapport sur les risques au travail liés aux nanomatériaux, juillet 2008
  21. Communiqués du HCSP
  22. (fr) thèse de David Langohr, 1994 : Etude du stockage d'hydrogène par adsorption dans des carbones nanostructurés
  23. (fr) Seagate veut utiliser des nanotubes dans ses disques durs

Liens externes

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