Plâtre

Le plâtre est un matériau de construction ignifuge. Il est utilisé sous forme de pâte constituée d'un mélange de poudre et d'eau, ou préparé sous forme de plaques.


Catégories :

Composé du calcium - Sulfate - Matériau - Matériau de construction - Matériau de sculpture - Ciment - Revêtement immobilier

Définitions :

  • Poudre blanche obtenue par chauffage de pierres à fort pourcentage de gypse. Gâchée avec de l'eau elle durcira lors de la prise. (source : cityprice)
  • Sulfate de calcium. Connu en particulier comme enduit et comme mortier pour les cloisons intérieures en brique. Faire la différence entre le plâtre naturel et celui qui est issu du recyclage industriel ! (source : lamortaise)
  • (de emplâtre). Sulfate de calcium hydraté se présentant sous la forme d'une fine poudre blanche utilisée en orthopédie (dans les appareils plâtrés) et en dentisterie (comme matériel d'empreinte ou de prothèse). * Syn. appareil plâtré.... (source : nzdl.sadl.uleth)
Plâtre
Plâtre
Général
Synonymes sulfate de calcium hémihydraté
No CAS 10034-76-1
No E E516
SMILES
InChI
Apparence poudre blanche hygroscopique
Propriétés chimiques
Formule brute HCaO4.5SCaSO4 • 0.5H2O
Masse molaire[1] 145, 148 ± 0, 01 g·mol-1
H 0, 69 %, Ca 27, 61 %, O 49, 6 %, S 22, 09 %,
Propriétés physiques
T° fusion Devient anhydre à 163 °C;
Devient insoluble dans l'eau >700 °C
Solubilité 2, 3 g·l-1 dans l'eau à 20 °C
Masse volumique 2, 79 à 20 °C
Pression de vapeur saturante négligeable
Précautions
Directive 67/548/EEC
Phrases S : 22, 24/25,
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

Le plâtre est un matériau de construction ignifuge. Il est utilisé sous forme de pâte constituée d'un mélange de poudre et d'eau, ou préparé sous forme de plaques. La matière première est , à l'origine, un sulfate de calcium semi hydraté. Maintenant, de nombreux adjuvants entrent dans la composition du plâtre.

Par métonymie, le terme «plâtre» sert à désigner en médecine (traumatologie, orthopédie) une immobilisation d'un membre (voir Plâtre).

Exploitation

Il est exploité de deux manières, selon la structure du gisement.

Quand ce dernier se trouve à un niveau trop profond, on privilégie une exploitation souterraine. Il s'agit d'extraire les couches inférieures en creusant des galeries, qui sont ensuite comblées par des matériaux inertes une fois l'exploitation terminée. Mais cette méthode permet uniquement d'exploiter un tiers du gypse, qui se déploie en plusieurs couches.

L'exploitation à ciel ouvert, dans les carrières, permet d'extraire ces différentes couches.

Quand un gisement est épuisé, la carrière est réhabilitée pour recréer un ensemble le plus proche envisageable de l'état d'origine du terrain.

Le plâtre artificiel provient de centrales thermiques. La désulfuration est l'élimination du dioxyde de soufre dans les rejets gazeux. Pour ce faire, on utilise de la chaux humide. Il en résulte la formation de cristaux de gypse qui serviront à la fabrication du plâtre synthétique dans la construction de bâtiments.

Fabrication

Le plâtre est réalisé à partir du gypse, roche sédimentaire nommée pierre à plâtre qu'on retrouve sous forme d'albâtre ou de cristaux de sélénite. La pierre est le plus souvent extraite de mines ou de carrières souterraines puis cuite et ensuite cassée, broyée et moulue pour donner la poudre blanche du plâtre.

Sa fabrication nécessite plusieurs étapes :

D'autres types de four existent (fours culée, fours droits, fours marmite, sur-cuiseur, autoclaves, …) qui donnent différentes qualités.

Le plâtre est ensuite mélangé dans un malaxeur avec différents ajouts (fréquemment quelques parties pour mille)  :

Propriétés

Résistance thermique

Le cœfficient de conductivité thermique λ fluctue avec la masse volumique et la teneur en eau. On peut cependant retenir :

λ=0, 5 W/m. K pour des masses volumiques comprises entre 1100 et 1 300 kg·m-3.

λ=0, 3 W/m. K pour des masses volumiques comprises entre 800 et 1 100 kg·m-3.

Résistance mécanique

Variation de la résistance selon le temps
Durée [jours] Traction [MPa] Compression [MPa]
1 4 5
2 7 12
4 8 28

Plâtres de sculpture

Plâtre dans un bac en plastique
Plâtre gâché avec de l'eau dans un bac en plastique

Il existe plusieurs variétés de plâtre de qualités particulièrement différentes. Les sculpteurs préfèrent du plâtre à grains particulièrement fins qui sert à reproduire le plus scrupuleusement envisageable l'ensemble des détails du modèle. Le plâtre de synthèse est plus conseillé car il est particulièrement dur au point qu'il est complexe de le rayer avec l'ongle. Il offre une grande précision et une grande finesse dans la reproduction. Sec, il peut se polir avec un simple chiffon doux.

Certains plâtres sont proposés déjà teintés : couleur chair, bis, imitant la pierre ou d'autre matière anciennes. On peut aussi employer des colorants : de la gouache ou tout autre colorant acrylique, à ajouter seulement à l'eau.

Utilisation

Mise en œuvre

Conservation et test

Le plâtre doit impérativement se conserver dans un lieu sec ou alors il devient inutilisable. Pour le tester, il faut gâcher une petite quantité et observer le temps indispensable à la prise ainsi qu'à la solidité, une fois durci.

Le gâchage

C'est l'opération qui consiste à mélanger soigneusement le plâtre à l'eau jusqu'à obtenir une substance consistante, crémeuse et douce.

Fabrication d'une plaque de plâtre

Article détaillé : plaque de plâtre.

Généralités

La chaîne de fabrication des plaques de plâtre s'étale sur 350 à 450 m, selon la vitesse moyenne de la chaîne. Cette distance autorise la plaque de plâtre de perdre une partie de son humidité et de devenir semi-rigide avant de passer dans le four, nommé sécheur. Les plaques de plâtre sont constituées de deux plaques de carton qui prennent en sandwich du plâtre.

Le carton utilisé dans la fabrication des plaques est livré en rouleaux de 11 km ce qui représente un poids de 3 tonnes. L'épaisseur est de 0, 1 mm. Ils sont changés l'ensemble des deux heures à peu près.

Suivant l'utilisation de la plaque de plâtre, il existe différents types de carton avec des classements au feu de M0 à M1.

Mode de fabrication

Avec un tapis on place la première plaque de carton, puis on vient étaler le plâtre avec trois sorties.

Le plâtre est préalablement mélangé avec de l'eau dans un malaxeur et sa température est maintenue à 70 °C.

Le deuxième carton est ensuite posé et on laisse la plaque sécher.

Enfin, après refroidissement, les plaques sont coupées aux dimensions voulues, puis elles sont stockées sur des scides[Quoi ?].

Histoire

Dans le bassin parisien, le gypse s'est constitué il y a à peu près trente-huit millions d'années par sédimentation au cours de l'évaporation de lagunes d'eau de mer.

Déjà à la préhistoire, l'homme s'est aperçu que les pierres blanches constituant le foyer du feu s'effritaient à cause de la chaleur.

En Égypte, l'homme se servait du plâtre pour assembler les pierres des édifices et pour réaliser des enduits (Vallée des Rois).

Les Romains se servaient du plâtre pour les enduits et les sculptures. Pline l'Ancien en signale de multiples utilisations domestiques : pour fermer de façon étanche les couvercles des récipients conçus pour la conservation[2], en badigeon pour conserver les pommes[3], en additif pour adoucir les vins[4].

Par leurs conquêtes, ils vont beaucoup diffuser le plâtre dans tout l'Empire romain. Les murs des habitations sont enduits de plâtre et de chaux, les plafonds faits de bois et de plâtre. Il peut servir dans la maçonnerie pour unir les pierres les unes aux autres. Les artisans romains développent aussi son emploi comme revêtement extérieur : les tons d'ocre rouge proviennent d'un mélange de briques finement broyées, de pouzzolane, de plâtre et d'eau. Le stuc, fait de plâtre et de poudre de marbre, est utilisé avec éclat pour l'ornementation des édifices.

L'invasion de la Gaule par Jules César donne au plâtre racine dans cette région du monde. Les Romains apportent aux populations celtes de nouveaux procédés de construction en maçonnerie et en plâtre. À Lutèce, sur les bords de la Seine, les huttes de la tribu des Parisii font place à des édifices plus solides. Le site est privilégié par la nature, car la colline de Montmartre regorge de gypse. Dalles, carreaux de plâtre, colonnes, sarcophages… plusieurs vestiges des IIe et IIIe siècle de notre ère témoignent d'un «premier âge du plâtre» à Paris.

Au Moyen Âge, l'homme s'aperçoit que le plâtre résiste mieux au feu que le bois, car c'est un produit ignifuge. Par conséquent il l'utilise comme enduit de protection (anti-feu). Au Moyen Âge, puis sous l'Ancien Régime, les petites carrières et plâtrières furent nombreuses mais elles fonctionnaient de manière intermittente. L'habitat local fît beaucoup appel au plâtre.

Au XVIIIe siècle, Paris devient la ville du plâtre grâce à ses gisements souterrains et un édit de Louis XIV en 1667 rendra même le matériau ignifuge obligatoire comme enduit intérieur et extérieur, pour éviter les propagations d'incendies afin d'éviter à Paris le sort funeste de Londres lors du Grand incendie de Londres (1666). Au XIXe siècle vient l'invention du four à plâtre industriel, ce qui permet d'augmenter la production. Actuellement, le plâtre est commun en France.

En 1788, Gœthe, dans sa description du Carnaval de Rome, décrit la fabrication du confetti, tel qu'il existait à l'époque. Il était fait de billes de plâtre, réalisées avec un entonnoir. C'est uniquement à partir de 1891, que ce confetti commença à être remplacé par sa variante moderne, en papier, que nous connaissons.

Le plâtre est proposé au XIXe siècle pour la conservation de la viande.

Le plâtre est beaucoup exploité dans la moitié nord de de la région parisienne. Le «plâtre de Paris» prend sa renommée.

Parmi ces nombreuses exploitations, celle de Cormeilles-en-Parisis. En 1832, une carrière à plâtre est créée par Pierre Étienne Lambert à Cormeilles. À partir de 1882, Jules-Hilaire Lambert industrialise la production. Dans les années 1930, avec les Frères Lambert, le cycle d'exploitation de la carrière de Cormeilles est complet. Cette carrière est alors l'unique en France à alimenter à la fois la fabrication du plâtre, de briques, de chaux hydraulique, et de ciment artificiel par l'emploi des matières de «découvertes» : argiles, calcaires, marnes. De 1930 à 1980, la carrière Lambert est la plus grande carrière d'Europe à ciel ouvert (Plâtres Lambert). Au début du XXIe siècle, la carrière et la plâtrière de Cormeilles-en-Parisis sont exploitées par la société Placoplatre

Du gypse au plâtre

Paire de meules utilisée pour broyer le gypse après cuisson. Berzé-la-Ville

Le plâtre s'obtient par cuisson et broyage de la «pierre à plâtre», le gypse, sulfate de calcium à deux molécules d'eau (CaSO4 (H2O) 2). Au cours des temps géologiques, ce minéral s'est déposé dans les bassins sédimentaires en formant d'épaisses couches plus ou moins profondes. L'extraction du gypse se fait dans des carrières à ciel ouvert ou en galeries souterraines. Concassé, cuit dans des fours, il est enfin broyé finement pour obtenir le plâtre en poudre. Cette poudre blanche a la propriété de durcir particulièrement rapidement quand on la mélange à l'eau : c'est le phénomène de la prise.

La chute de l'Empire romain et les invasions barbares entraînent pour de longs siècles le déclin des constructions en pierre au profit de bâtiments en bois beaucoup utilisés par les peuples du Nord et de l'Est de l'Europe.

Si aux premiers temps de l'Occident médiéval le plâtre régresse, il connaît au Sud de la Méditerranée un remarquable épanouissement, favorisé par les conquêtes arabes. La civilisation musulmane a en effet abondamment utilisé le gypse et marqué probablement l'un des sommets de l'art du plâtre ; dans un univers où le bois est rare, ce dernier sert à multiplier les motifs décoratifs des mosquées, madrasas (écoles religieuses) et palais. Probablement trouve-t-on sa plus belle illustration dans l'Alhambra de Grenade où galeries, murs et plafonds s'ornent d'une profusion d'arabesques géométriques. Une exubérance particulièrement ciselée qu'on doit aux qualités plastiques du plâtre.

Au Moyen Âge, les grands bâtisseurs que sont les moines de Cluny et de Cîteaux remettent à l'honneur l'emploi du plâtre, dont l'usage se répand à nouveau.

La profession plâtrière s'organise et codifie son activité dans la capitale. Le Livre des métiers, commandé par Louis IX au prévôt de Paris, est le texte fondateur de nombre de corporations au XIIIe siècle. Le mot plâtrier sert à désigner alors celui qui exécute l'extraction et la cuisson du gypse, c'est-à-dire le fabricant.

Notes et références

  1. Masse molaire calculée selon Atomic weights of the elements 2007 sur www. chem. qmul. ac. uk
  2. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XV, 18, 4 ; XX, 39, 1
  3. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XV, 18, 5
  4. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XIV, 24, 1; 25, 5 et XXIII, 24, 2

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

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"le plâtre qu'il est devenu"

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